Le travail ! Parlons en.…

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Les partis pris d’Education Nouvelle à l’oeuvre dans nos pratiques d’enseignants,  d’éducateurs ou de formateurs montrent tous les jours leur efficacité et leur bien-fondé. Voilà presque vingt ans que, dans le cadre du GFEN Provence, nous en explorons les multiples aspects et rendons compte dans nos publications régionales de notre réflexion et invention collective au service d’une formation fondée sur le « Tous capables »
« Tous chercheurs », « Tous créateurs » .

Le Master que nous avons suivi en tant qu’étudiants et la fréquentation de l’équipe A.P.S.T. (Analyse pluridisciplinaire des situations de travail – Université de Provence ‘) nous a convaincus que pour mieux comprendre ‘ Parmi les nombreux ouvrages sur le travail, citons ……- Yves Schwartz « Expérience et connaissance du travail » Messidor 1988, etc.
il nous fallait aussi intégrer à notre réflexion d’autres paramètres, explorer
un autre paradigme, celui de l’analyse des situations de travail.

Non pas abandonner ce qui nous intéressait jusque-là (les ateliers d’écriture, l’invention de démarches, la réflexion sur une pédagogie émancipatrice), mais tenter, en utilisant l’écriture et notre connaissance de l’animation d’ateliers, de cerner le point d’aveuglement des théories pédagogiques qui est la méconnaissance du travail en tant que concept. Ce
que confirme la vie quotidienne dans les établissements scolaires où on
parle d’organisation, d’emploi du temps, de fonctionnement, d’enseign ment, etc. mais pas de travail en tant que problématique conceptuelle inscrite elle-même dans un réseau plus vastes de théories et de recherches contemporaines.

Pourquoi l’analyse du travail enseignant maintenant?
Pour plusieurs raisons.
D’abord parce que le mot « travail » est le lieu d’un paradoxe. Alors que la référence « au travail » est récurrente quand les enseignants évoquent les apprenants (« L’élève X ou Y ne travaille pas », « Bon trimestre, bon travail »), cette expression se vide de sens quand ils évoquent leur propre « travail ». Elle se trouve alors réduite à quelques éléments toujours identiques: « je prépare mes cours, je fais mes cours, je corrige mes copies »!

D’un côté prévaut une vision mécaniste, moralisatrice et besogneuse (le. travail ou son absence comme explication péremptoire de la réussite ou de l’échec scolaire; le travail comme « devoir » à remplir, le non-travail comme « faute »; te travail comme contrainte à laquelle il faut sacrifier),de l’autre une vision plate, presque résignée (le travail réduit à un ensemble de gestes répétitifs et supposés connus, sans imagination, sans création).

Comment dans ces conditions redonner de la chair aux mots et se remobiliser pour l’aspect créatif et inventif qui existe dès qu’il y a travail? Ensuite le sentiment qu’en contradiction avec le pessimisme ambiant, nous sommes un certain nombre dans le GFEN et ailleurs à avoir accumulé individuellement et collectivement une expérience professionnelle et humaine riche et vaste, mais dont bien des aspects restent encore dans
l’ombre. Ceci faute de temps pour les analyser, faute de place pour publier, mais surtout faute de concepts pour les comprendre, de mots pour les dire. et d’une réflexion globale sur la formalisation.

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Le travail, parlons plaquette GFEN Provence 1995